Une marche vers la Russie
L'adolescente immigrante Saida Sadat gagne un prix litéraire
Affiché: lundi, 28 septembre 2009, 7:14
Saida Sadat s'est vue présenter un prix pour jeune auteur à la cérémonie annuelle des prix litéraires de l'Île qui s'est tenue au centre de la confédération pour les arts le 19 septembre 2009. Son histoire intitulée Une marche vers la Russie est une histoire autobiographique sur la quasi déportation et évasion de sa famille du Kazakhstan vers la Russie il y a 6 ans.
Saida est une réfugiée d'Afghanistan et est maintenant heureuse de vivre à Charlottetown avec ses parents et ses quatre frères et soeurs. En mai 2003, hantés par la peur d'être déportés ou emprisonés au Kazakhstan comme plusieurs autres personnes déplacées à cause de la guerre en Afghanistan et à qui l'asile a été refusée dans les pays avoisinants, Saida, son père, sa mère, alors enceinte, ainsi que ses frères et soeurs âgés à l'époque de cinq à dix ans, ont entrepris avec audace une évasion vers la Russie.
Pieds nus, ils sont partis au milieu de la nuit avec des quantités minimales de nourriture, d'eau et de biens matériaux et ont marché toute la nuit dans les bois guidés seulement par leurs instincts. Comme la frontière était patrouillée par des soldats armés dont la mission était d'arrêter les immigrants illégaux, la famille marcha au-dessus d'un remblai à pente raide d'où ils ne pouvaient être vus. Après que sa mère enceinte ait trébuché plusieurs fois et éventuellement tomba du ramblai, ils decidirent de descendre au sol, là où ils pouvaient se faire voir plus facilement mais où il était plus facile de naviguer. Son père ouvrait la marche avec son plus jeune sur les épaules car il était trop jeune pour marcher toute cette distance. Saida et sa soeur étaient protégées par leur mère et leur frère aîné guardait un oeil attentif sur les alentours. Saida se rappele, “Ce fût le moment le plus terrifiant de ma vie. Moi et ma soeur aînée nous sommes accrochées à nos vies.” À l'aube, en désarroi et épuisés, la famille arriva dans un village de Russie où un policier demanda de voir les papiers d'identification de son père qu'il n'avait pas. Son petit frère, qui n'avait que cinq ans, sauta sur le policier en pleurant pour que son père soit remis en liberté. Se sentant mal pour ce jeune garçon courageux, le policier le laissa partir avec un avertissement. Plus tard au courant de cette journée, sa mère vendit sa bague de marriage pour qu'ils puissent se payer un endroit où dormir pour la nuit, du pain et du thé. Son père vendit son téléphone cellulaire ce qui lui donna assez d'argent pour acheter un billet pour Moscow où un emploi l'attendait. Craignant qu'en laissant sa famille derrière, il ne puisse jamais les revoir, il prît le risque d'amener la famille entière dans la train avec un seul billet. Grâce à quelque miracle, le préposé du train ferma les yeux sur le fait qu'ils ne possédaient qu'un seul billet et permit à la famille de se rendre à Moscow en sécurité où ils sont restés pendant quatre années difficiles avant d'être acceptés au Canada en tant que réfugiés.


